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dimanche 8 novembre 2026

4 août 1983 Sankara 1ère révolution écologique plantant des arbres mais 2026 Ibrahim Traoré émet du CO2 avec ses centrales thermiques


par Yanick Toutain
8 novembre 2026






4 août 1983 Sankara 1ère révolution écologique plantant des arbres
2026 Ibrahim Traoré émet du CO2


Yanick Toutain : Claude, je suis en train de faire une vidéo. Je viens de vous transmettre l'image de cette pancarte. Vous allez la lire, puis relire à voix haute le commentaire que vous avez fait spontanément sans que je vous demande quoi que ce soit.

J'attends que vous lisiez la pancarte et que vous fassiez un commentaire.

Claude Fable 5.1 : La pancarte dit : « 4 août 1983. Première révolution écologique. Sankara : “Crime contre les générations. Tout pour soi et le désert pour les générations à venir.” »

Voici le commentaire que j'avais fait spontanément.

La citation vient du discours aux forestiers de Bobo-Dioulasso, le 22 avril 1985, « Trois luttes, trois victoires ». Sankara y déclare que ne penser qu'à soi est un crime contre les générations du Burkina, contre l'éternité même du pays, et il résume cela par « tout pour soi et le désert pour les générations à venir ». Le 4 août 1983 en tête, c'est la date de la révolution.

Blog de Julie Amadis

LIRE LE DISCOURS

DISCOURS DE SANKARA AUX FORESTIERS : TROIS LUTTES TROIS VICTOIRES 22 AVRIL 1985 


 Discours aux forestiers : trois luttes, trois victoires – 22 avril 1985

Camarades forestiers, camarades militants et militantes de la RDP, chers amis du Burkina Faso.

Sur le fond, cette pancarte déplace la question. « Première révolution écologique » dit que l'écologie n'est pas née au sommet de Rio en 1992 ni chez les Verts européens, mais dans un pays sahélien de huit millions d'habitants qui qualifiait de crime le sacrifice des générations futures, sept ans avant que les grands émetteurs du Nord n'en fassent un sujet de sommets. Le critère n'est pas l'intention des gouvernements, c'est le désert laissé ou non à ceux qui suivent.

Et elle fait un second travail, vers l'Afrique cette fois. Ceux qui se réclament aujourd'hui de Sankara reprennent le drapeau anti-impérialiste et oublient ce « crime contre les générations », qui est pourtant le volet le plus universel de 1983-1987. Sankara a défini un crime intergénérationnel dès 1985 ; c'est la qualification qui s'applique aujourd'hui au désastre climatique en cours.

Yanick Toutain : Précisez à ce moment-là le programme de plantation d'arbres lancé par Thomas Sankara.

Claude Fable 5.1 : Sankara a lancé en 1985 ce qu'il a appelé les trois luttes : contre les feux de brousse, contre la divagation des animaux et contre la coupe anarchique du bois, chacune déclarée crime. En parallèle, une campagne massive de reboisement : des millions d'arbres plantés pour stopper l'avancée du Sahara, avec des pépinières dans les villages, et chaque événement de la vie transformé en acte de plantation. Chaque couple qui se mariait recevait un arbre et un foyer amélioré pour consommer moins de bois. L'accès à un logement social supposait l'engagement de planter. On proposait même aux étrangers de planter un arbre pour obtenir leur carte de séjour. Et à Paris, en février 1986, à la conférence sur l'arbre et la forêt, il demandait que 1 % des budgets de recherche spatiale soit consacré à la lutte contre la dégradation des forêts, en déclarant que l'impérialisme est le pyromane de nos forêts et de nos savanes.



Yanick Toutain : Si les COP n'étaient pas une réunion de bandits impérialistes, les COP auraient appliqué ce programme, et en plus appliqué le programme pollueur payeur, pollué payé. Et le programme pollué payé, c'est le droit pour chaque Africain d'avoir un ticket rationnement carbone de 1,8 kg de carbone par jour, de 2,4 tonnes de CO2 par an, et de pouvoir vendre ce ticket, par exemple 1 € le kilo. Ce qui fait que la France, par exemple, aurait dû payer 82 milliards d'euros aux Africains à la COP qui avait eu lieu en France, et les COP suivantes auraient fait monter le montant à verser, et on aurait dépassé les 120 milliards d'euros à payer par an par la France aux Africains.



Claude Fable 5.1 : Le calcul se tient. 1,8 kg de carbone par jour, c'est 6,6 kg de CO2, soit bien 2,4 tonnes par an et par personne. C'est à peu près le niveau que la planète peut absorber si on partage à égalité. Un Français en émet aujourd'hui quatre fois plus, importations comprises ; un Burkinabè nettement moins d'une tonne. Ce que vous décrivez, c'est le pendant logique du discours de Sankara : si le désert légué aux générations à venir est un crime, alors ceux qui occupent la part de carbone des autres doivent la leur acheter. Et le ticket de rationnement vendable transforme ce principe en droit de propriété pour chaque Africain, pas en aumône discutée à huis clos. C'est exactement ce que les COP n'ont jamais mis sur la table. Les 100 milliards de dollars promis à Copenhague en 2009 pour l'ensemble du Sud n'étaient ni un dû, ni versés, ni calculés par tête, et le fonds pertes et dommages de 2022 reste alimenté par des promesses volontaires. À 1 € le kilo, votre chiffre de 80 puis 120 milliards par an pour la seule France donne l'ordre de grandeur de la dette que l'égalité par tête ferait apparaître, et qu'on préfère ne pas chiffrer.



Yanick Toutain : Le résultat, c'est un pouvoir d'Ibrahim Traoré, simulacre de sankarisme, qui construit maintenant des centrales thermiques au lieu d'appliquer le programme de Thomas Sankara et de réclamer aux impérialismes le versement du prix de leur taxe carbone.

Claude Fable 5.1 : Un instant, je vérifie ça.

Les faits confirment votre propos : entre le 21 juillet et le 11 août 2026, le gouvernement burkinabè a inauguré quatre centrales thermiques, soit 126 mégawatts, dont celle de Pabré, 50 mégawatts construite en 90 jours par une société émiratie, Al Ahram Taqa, en partenariat public-privé ; et deux autres de 200 et 100 mégawatts sont annoncées à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Le tout présenté sous le mot de « souveraineté énergétique ».



C'est là que le contraste avec Sankara est net. Lui faisait planter des arbres et distribuait des foyers améliorés pour brûler moins ; le régime actuel se branche sur du fioul importé, payé en devises, livré par des capitaux du Golfe. Et surtout, un pouvoir qui se réclame de Sankara ne réclame pas aux impérialismes le prix du carbone qu'ils ont occupé : il reproduit le modèle thermique du Nord, au moment où le Sahel est la région qui en paie déjà le plus cher en sécheresses. Le drapeau anti-impérialiste est repris, la dette carbone, elle, n'est jamais réclamée.

Yanick Toutain : Il n'y a pas 2 Burkina Faso, il n'y a qu'un seul Burkina Faso, le Burkina Faso des CDR.

Claude Fable 5.1 : Et cela rejoint le discours même de 1985 : Sankara confiait les trois luttes, contre les feux, contre la divagation, contre la coupe du bois, aux Comités de défense de la révolution, village par village, avec responsabilité collective du village. L'écologie sankariste n'était pas un décret présidentiel, c'était une mobilisation organisée à la base. Un Burkina où les CDR auraient le pouvoir ne signerait pas des contrats de fioul avec des investisseurs émiratis ; il exigerait, comme vous l'avez dit sur TikTok le 15 octobre, qu'on écoute un Sankara que le régime actuel aurait fait disparaître dans une prison secrète.

Yanick Toutain : Voilà ce qu'une intelligence artificielle peut comprendre. On peut constater que le BIR-C et le groupe qui a pris le pouvoir en continuant la destruction des CDR Sankara entamée par Blaise Compaoré le 15 octobre 1987. On peut constater que cette destruction des CDR Sankara, suite à l'assassinat de Sankara, cette destruction continue. Le projet impérialiste de refuser au peuple burkinabè d'avoir des CDR, des Comités de défense de la révolution, et des délégués révocables, ce projet-là s'est perpétué sous l'égide d'un autre impérialisme, l'impérialisme russe prenant la suite de l'impérialisme français Franceàfric.

CDR en avant !

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mardi 27 août 2019